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15/02/2011

Le SOS des associations d’aide à domicile

amsad.jpgMises à l’honneur dans les discours gouvernementaux, elles subissent de plein fouet les coupes budgétaires : plus de 300 structures et 20 000 emplois menacés en 2011.

A lors que l’aide à domicile est à l’honneur dans les discours officiels – Nicolas Sarkozy devrait encore y aller de son coup de chapeau ce jour lors de la présentation de ses vœux aux acteurs de la santé et de la prise en charge de la dépendance –, alors que la demande en la matière est en hausse constante, les acteurs économiques du secteur commencent l’année dans une extrême précarité. « 2011 risque d’être une année fatidique pour un secteur pourtant créateur d’emplois et de cohésion sociale », avertit un collectif de 16 fédérations d’associations de bénéficiaires et de prestataires d’aide aux publics en difficulté, personnes âgées, handicapés, familles.

Entre 300 et 400 de ces structures risquent de devoir mettre la clé à la porte, et quelque 21 500 emplois sont menacés. Depuis plusieurs années, les financeurs du secteur, en l’occurrence les collectivités territoriales (APA pour les personnes âgées, PCH pour les handicapés et aide sociale à l’enfance) et les caisses de Sécurité sociale, paient de plus en plus mal les interventions des associations, dont les coûts, parallèlement, augmentent sensiblement (voir témoignage ci-contre). En dépit de leurs SOS, de la tenue d’une table ronde, fin 2009, avec les pouvoirs publics, des promesses faites, les responsables des associations n’ont rien vu venir. Pire : fin 2010, le gouvernement leur assénait un coup de massue, qui, pour beaucoup, risque d’être le coup de grâce, en décidant la suppression, dans la loi de finances 2011, d’exonérations de cotisations patronales dont bénéficiaient les structures d’aide à domicile.

Conséquence immédiate : une hausse du coût de leurs prestations jusqu’à 15 %. La suite du scénario est écrite : leurs financeurs, déjà aux abois, ne pouvant suivre, les associations, à but non lucratif et donc sans actionnaires, devront réduire leur volume d’interventions. 6,5 millions d’heures pourraient ne plus être réalisées, 120 000 personnes pourraient ne plus être aidées, et donc des milliers de salariés aidants seraient licenciés, selon une simulation du collectif qui a réclamé, en vain à ce jour, un fonds d’urgence de 100 millions d’euros pour éviter le pire.

Yves Housson, l’Humanité

FAILLITE : L’EXEMPLE DE L’ADMR

L’association d’aide à domicile du Finistère, troisième employeur du département avec 3700 salariés et 30000 familles aidées est en situation de faillite avec une dette cumulée de 5,8 millions d’€. La situation sociale est délétère, et le conseil général principal financeur veut tout remettre à plat devant ce désastre social.

Aide à domicile. 2 millions de personnes aidées

aide-a-domicile.pngComposé d’organismes à but non lucratif de statuts divers (associations, centres communaux d’action sociale, mutuelles…), le secteur de l’aide à domicile intervient auprès de plus de 2 millions de personnes : aide aux personnes en perte d’autonomie, handicapés, personnes malades, soutien aux parents, garde d’enfants…


Il compte 240 000 salariés, un effectif en constante progression. Les femmes représentent 93 % du personnel des associations. Beaucoup d’emplois restent précaires (temps partiel non choisi, salaire au-dessous du Smic). 
u Les principaux financeurs sont les conseils généraux, les caisses d’allocations familiales.

Evry, l’exemple de l’AMSAD

L’Association de Soins et d’Aide au Maintien à Domicile intervient auprès (1) de 506 bénéficiaires d’Evry, de Lisses et Courcouronnes avec le concours de 59 salariées dont la totalité sont des femmes.

Une plateforme commune a été mise en place avec l’association d’aide à domicile de Ris Orangis qui emploie plus de 40 salariés pour ce qui concerne la gestion administrative et comptable.

Le budget global de l’association se situe à près de 1,5 millions d’€ assuré par des recettes qui proviennent pour 1/3 des bénéficiaires, pour près de la moitié par le conseil général (avec l’Allocation Personnalisée Autonomie) et la participation d’autres caisses de retraites et de la CNAV. Les Municipalités ont accordé une subvention globale de près de 100 000 €.

L’AMSAD intervient auprès de 159 personnes dont la dépendance est élevée (GIR 1 à 4), soit l’équivalent du nombre de résidants de 2 maisons de retraites, et auprès de 354 personnes relativement autonomes (GIR 5 et 6).

Cette association qui a un rôle important pour le maintien à domicile des personnes âgées et emploie avec l’association partenaire de Ris plus de 100 salariés est en situation financière difficile. Cette année la réforme fiscale va entraîner un surcoût financier de près de 50 000 € difficile à équilibrer puisque les prix des journées sont strictement encadrés dans le cadre des conventions financières avec les différents financeurs, et que les usagers ont des revenus en diminution constante après les différentes réformes sociales.

(1) Chiffres 2009

20:00 Publié dans Contre enquête | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : association d'aide à domicile | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

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Écrit par : HAMON | 14/03/2011

Merci pour cette présentation de la situation actuelle

Écrit par : Trouvea | 27/04/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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