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29/11/2010

Téléthon : le point sur l'avancement des recherches

recherche1.jpgLes 3 et 4 décembre, la traditionnelle grand-messe du Téléthon lance une nouvelle course aux dons pour soigner, un jour, les maladies génétiques. Le dispositif a permis de consacrer 900 millions d’euros à la recherche depuis 1987. Un soutien indispensable pour les chercheurs, acteurs d’une révolution thérapeutique qui fait l’unanimité mais n’en est pas moins menacée, alors que la pérennité de l’émission télévisée n’est pas assurée. On est pourtant tout près des applications sur les humains. C’est notamment l’objectif de Généthon Bioprod, dernier né du Génopole d’Evry, qui sera dans quelques mois le plus grand bâtiment du monde dédié aux thérapies géniques. Visite.

Ce n’est encore qu’un chantier. Un monstre de béton sur 2 500 m2 au sol et deux
étages grouillant d’ouvriers avant que les chercheurs n’investissent les lieux. À Evry, le Génopole, qui concentre déjà 2 300 emplois sur un site riche de 70 entreprises de biotechnologies et 30 laboratoires académiques, voit grandir son petit dernier, financé grâce au Téléthon : Généthon Bioprod. Investissement : 28 M€. Les frais de fonctionnement seront couverts par l’argent du Téléthon.

Pierre Thibaud, chef de projet, guide la visite. Ici, l’administration. Là, le contrôle qualité. À l’étage, les chaînes de production de médicaments destinées aux myopathies, maladies neuromusculaires et maladies à caractère immunitaire. Et tout là-haut, quinze centrales de traitement de l’air qui recycleront 180 000 m3 à l’heure, « l’équivalent de la tour Montparnasse ». « L’atmosphère sera 500 000 fois plus propre que l’air ambiant, le confinement plus strict que dans un bloc de chirurgie », commente Frédéric Révah, directeur général de Généthon, un laboratoire de 10 000 m2 créé en 1990 avec les financements de l’Association française contre les myopathies et du Téléthon.

C’est de là que sont sorties les premières cartes du génome humain, en 1992. Depuis, on a identifié 3 200 gènes malades, répertorié 7 000 maladies rares.  Le Généthon est devenu « un des plus grands centres mondiaux de recherche sur les maladies rares, la plus importante banque d’ADN d’Europe, plus de 400 maladies sont stockées ici », résume Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM et de Généthon.

Les malades n’ont pas été oubliés : 70 consultations pluridisciplinaires ont ouvert en France, des années de vie ont été gagnées, une quinzaine pour la myopathie de Duchenne. « On a 36 essais en cours chez l’homme, 40 en 2012 si le Téléthon nous donne les moyens », assure Laurence Tiennot.

Généthon Bioprod est au centre de cette problématique, « il faut développer les essais cliniques », insiste Frédéric Révah. Deux sont déjà en cours, via le Généthon, sur la gamma-sarcoglycanopathie, une maladie musculaire qui se déclare avant l’âge de dix ans, et le syndrome de Wiskott-Aldrich, un déficit immunitaire qui met en cause le pronostic vital des enfants. Deux autres démarreront l’an prochain, sur la maladie de Leber, affection génétique grave de la rétine, et la myopathie de Duchenne. Chaque fois, le dispositif est le même : des virus sont rendus inoffensifs pour transporter des “gènes médicaments” susceptibles de “réparer” le gène défaillant. Le système immunitaire de trente-cinq “bébés-bulles” a ainsi été entièrement restauré, « ils sont considérés comme guéris », souligne Frédéric Revah.

Ce sont ces virus qui seront cultivés à Généthon Bioprod, future « plus importante unité de culture de virus modifiés au monde » qui permettra « d’accélérer les essais cliniques ». Le procédé est « long, complexe, coûteux ». Etonnant chemin lancé à partir de cellules d’insectes ou d’un dérivé d’HIV synthétique raconté par Nicolas Laroudie, responsable du développement purification au Généthon. Dans son laboratoire, il indique comment réduire un lot initial de 100 litres à ces quelques millilitres nécessaires pour traiter un patient. Le produit sera transfusé pour irriguer l’ensemble des muscles malades. Une révolution, qui a longtemps relevé de la science-fiction. « Il y a vingt ans, souligne Laurence Tiennot, on n’y croyait pas. »


En région, 500 projets soutenus

tele0612.JPGDes dizaines de projets soutenus chaque année, plus de 500 financements recensés depuis le premier Téléthon en 1987. L’administration de l’AFM s’en félicite. Elle qualifie d’« énorme » la somme des projets de recherche engagés dans les laboratoires de la région et plus particulièrement de Montpellier qui accueille une grosse concentration d’équipes.

Parmi elles, celle de Mireille Claustres, directeur du laboratoire de génétique de maladies rares, experte depuis plus de vingt ans dans la myopathie de Duchenne. Avec ses équipes, elle a mis en place une banque des mutations génétiques de la maladie. Grâce aux fonds du Téléthon, les chercheurs sont même en train de mettre en place une banque de données où chaque patient sera référencé selon ses caractéristiques génétiques, pour les chercheurs du monde entier.

Mireille Claustres ne manque jamais une occasion de rappeler l’importance des fonds collectés par l’AFM : « En 1988, nous avions un demi-poste pour le diagnostic moléculaire quand l’AFM a commencé à nous soutenir. Elle a, depuis, joué un rôle irremplaçable pour faire exploser les jeunes chercheurs. On est porté par cette générosité des Français », soulignait-elle, avant une précédente édition du Téléthon.

Autre exemple : l’institut des neurosciences travaille sur les maladies rares qui affectent la vision, un combat mené par l’AFM et le Généthon. Depuis 2000, l’équipe de Guy Lenaers, spécialisée dans les neuropathies optiques héréditaires, a identifié deux gènes de ces maladies. Aujourd’hui, elle suit l’évolution de l’acuité visuelle chez des animaux atteints, pour décrypter le mécanisme de la dégénérescence, espérant un jour ouvrir la perspective d’essais thérapeutiques. Pour Guy Lenaers, le soutien du Téléthon est « capital » : « La recherche coûte très cher : un modèle animal, c’est 50 000 €, et il faut 200 souris génotypées pour mener une étude... Un contrat de chercheur post-doctorant, c’est 50 000 € par an... On ne pourrait pas mener ces recherches si on n’avait pas les fonds de l’AFM et du Téléthon. »


Sophie GUIRAUD, pour le Midi Libre

13:34 Publié dans Découvertes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : généthon, recherche | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/11/2010

EXPOSITION GEROME AU MUSEE D’ORSAY

gerome4.jpgExposition jusqu’au 23 janvier 2011

Gérôme fut longtemps stigmatisé comme l'emblème d'un académisme stérile, avant que la perception de l'artiste n'évolue profondément au cours des dernières décennies. Il est aujourd'hui compris comme l'un des grands créateurs d'images du XIXe siècle.

L'exposition permet d'aborder tous les enjeux de son œuvre, de ses sources à son influence : la place de Gerôme dans la peinture française de son temps, sa conception théâtralisée de la peinture d'histoire, son rapport complexe à l'exotisme, son usage de la polychromie en sculpture, son rôle d'enseignant, son rapport au modèle antique. Elle offre également l'occasion de s'interroger sur la façon dont sa personnalité cristallise le combat anti-académique de la fin du XIXe siècle, et enfin, l'engouement qu'il suscite auprès du public et des collectionneurs américains.

Au-delà de sa séduction immédiate et de son accessibilité, c'est donc la double identité de cette œuvre, à la fois savante et populaire, poussant l'obsession illusionniste jusqu'à l'étrange, qui la rend aujourd'hui si précieuse aux yeux des historiens d'art et du grand public.

Emblématique de la peinture académique du Second empire il compose des scènes orientalistes, mythologiques, historiques ou religieuses. Il a réintroduit la polychromie dans la sculpture.

jerome1.jpgJean-Léon Gérôme

Né à Vesoul en Haute-Saône le 11 mai 1824, mort à Paris le 10 janvier 1904, Jean-Léon Gérôme, l'un des peintres les plus célèbres de son temps, fut, tout au long de sa carrière, l'objet de polémiques et de critiques souvent acerbes.

Longtemps stigmatisé comme le tenant emblématique d'un académisme stérile, il est aujourd'hui considéré comme l'un des grands peintres du XIXe siècle.

jerome3.jpgSon goût pour l'Antiquité, sa théâtralisation de la peinture d'histoire son rapport complexe à l'Orient et à la photographie en font un exceptionnel inventeur d'images.

Collectionné très tôt en Amérique, l'oeuvre de Gérôme s'infiltrera même dans l'imaginaire historique du Nouveau Monde et de son média de prédilection, le cinéma.

Exposition organisée par le musée d’Orsay, la Réunion des musées nationaux et le Getty Museum en collaboration avec le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid

12:33 Publié dans Evénements | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gerome, louvre, peinture | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/11/2010

HEROIQUES - LES FEMMES DANS LA RESISTANCE

Un ouvrage d’Antoine Porcu publié par Geai bleu éditions

poete0001.jpgLes femmes pendant la résistance tinrent un rôle considérable. Dans ce livre remarquable les biographie. d’une centaine d’entre elles portent témoignage.

Marie George Buffet, députée de la Seine St Denis, ancienne ministre en présentant cet ouvrage historique, dit : « Ce n’était pas une histoire d’hommes. Elles étaient femmes, pleinement ; résistantes, pleinement. Nous devons à ce qu’elles ont accompli d’être ce que nous sommes. Et cette révolte les emportait tout entières. De leur sceau, elles ont marqué ces grandes heures de notre histoire. »

Voilà l’histoire d’une d’entre elle, qui est rentrée avec les honneurs dans la grande histoire, notre histoire, notre bien commun.

Arlette Humbert-Laroche, résistante et poétesse (1915-1945)

Agent de liaison d'un groupe de résistance, elle fut arrêtée en janvier 43. Après plusieurs mois à Fresne, elle fut jugée à Berlin, emprisonnée à la prison de Jauer en Silésie. Lorsque les armées russes avancent, elle est conduite à Ravensbrück, Mathausen, et Bergen-Belsen où elle mourut.

Véritable mélomane, passionnée de musique et de poésie, Arlette écrit elle-même des poèmes qu’elle lit à ses amis lors des insouciantes soirées d’avant-guerre.

Son amour de l’art ne l’éloigne pas de la réalité sociale. Secrétaire dans un organisme aidant au placement des chômeurs, elle sait que les conquêtes sociales du Front populaire ne sont plus que souvenir.

De par son travail, elle est en contact avec les syndicats et les partis politiques de gauche. L’interdiction de la CGT et du PCF en 1939 la révolte. Elle ne coupe pas le contact avec les militants qui, pour beaucoup d’entre eux, sont déjà clandestins. Ce sont ces relations qui lui facilitent son engagement dans la résistance.

Son dévouement est total. Agent de liaison, elle va d’un centre de résistance à un autre. Lorsqu’elle a quelque répit, elle distribue des tracts à la volée aux portes des usines.

Un jour de janvier 1943, elle est arrêté par la Gestapo. Enfermée dans une cellule à Fresnes, le temps de subir quelques tortures, elle est ensuite déportée en Allemagne. Le train la conduit jusqu’à Berlin, puis elle est chargée dans un camion jusqu’à la forteresse de Jauer. Elle est ensuite transférée à Ravensbrück, Mathausen et Belsen où elle trouve la mort.

Ses camarades ont conservé précieusement son dernier poème, inspiré des conditions de survie dans les camps de la mort :

On tue -

D’un bout de la terre à l’autre

On tue

 

On tue sur la mer-

La nuit ont peut voir

Dans l’énorme et l’indifférente sollitude

De l’eau

Les cadavres

Qui ont encore leurs dernières larmes

A leur face de linge

Tournée vers le ciel noir.

 

On tue aux courbes fleuries des fleuves,

On tue aux flancs chands des montagnes,

On tue dans les villes où le tocsin qui sonne

Crie la douleur des dômes saignants

Et des cathédrales éclatées.

Là depuis des sites, on a travaillé

Mais la terre est soudain devenue

Une éponge monstrueuse

Buvant la longue patience des hommes

Partout la peur, la nuit, la mort.

 

Pourtant le soleil est là.

Je l’ai vu ce matin

Jeune, fort, exigeant,

Il ruisselait sur les toits.

Il mordait au cœur des arbres,

Il empoignait la ville aux épaules

Et réclamait à la terre son réveil.

 

Il est là,

Il est au fond de toutes les choses

Et devant ce monde qui s’entrouvre, s’affaisse

Et se replie

Il y la mystérieuse et latente énergie

Qui refuse les ténèbres

Et ne veut pas que l’on tue.

 Prison de Jauer, 1er juillet 1944

Texte Antoine Porcu, introduction Marie George Buffet, E-Mosaïque, poème Arlette Humbert-Laroche, photo UFF.

18:00 Publié dans Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arlette humbert-laroche, résistante, poéte | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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