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28/09/2010

CORBEIL / Entretien avec Bruno Piriou tête de liste de la gauche rassemblée

laurent037.jpgBruno Piriou : "Notre ville est en panne politique"

L’élection à la municipalité de l’équipe Dassault (UMP) vient, une nouvelle fois, d’être annulée. Bruno Piriou, conseiller général PCF, qui conduira une liste de large union, précise ses objectifs.

Pour la deuxième fois depuis 2008, les élections municipales sont annulées 
pour tricherie. Comment réagissez-vous ?

Bruno Piriou. C’est une première en France qu’une ville voie ses élections annulées deux fois de suite. C’est le résultat du système politique qui a été mis en place par Serge Dassault et son équipe. Dans tous les domaines de la vie publique, ils se sont cru au-dessus des lois. Il y a dans la population un ras-le-bol, de l’exaspération. Notre ville est en panne. En panne politique, puisqu’on revote tous les ans et qu’on est ainsi dans l’incapacité de se projeter dans l’avenir, d’avoir des projets de développement sur le long terme. En panne économique, commerciale, culturelle, mais aussi morale. Je partage cette exaspération. Il faut tous ensemble nous saisir de l’occasion qui nous est donnée avec ce nouveau scrutin pour tourner la page et enfin travailler à l’avenir de notre ville.

Y a-t-il dans la population cette volonté de tourner
la page ?

Bruno Piriou. Ce qui est sûr, c’est que la situation que nous vivons est exaspérante pour une grande majorité. Mais, un des risques, c’est qu’une partie de la population se détourne de ces questions politiques en renvoyant dos à dos les protagonistes de ces affaires. Le défi que les forces de gauche et tous les démocrates ont à relever, c’est qu’après la justice, qui a su faire preuve d’indépendance face à un des hommes les plus puissants de France, la démocratie l’emporte. Ce n’est pas gagné d’avance. Il y a une volonté de changer qui est sûrement majoritaire. Encore faut-il qu’elle se traduise par le goût, le désir de dire qu’autre chose est possible.

laurent048.jpgLors des dernières élections municipales, la gauche est partie désunie au premier tour. Qu’en sera-t-il pour cette élection qui devrait avoir lieu d’ici à la fin de 2010 ?

Bruno Piriou. La dernière fois qu’il y a eu union de la gauche au premier tour d’une élection municipale à Corbeil-Essonnes, c’est en 1989. Depuis, les forces de gauche n’ont pas su s’unir. C’est donc un événement majeur qu’aujourd’hui, de Lutte ouvrière jusqu’au Parti socialiste, en passant par le PCF, les Verts, le NPA… des démocrates et des républicains, une seule liste d’union puisse voir le jour. Je la conduirai. Parce que à quasiment toutes les élections, le courant de gauche que je représente est arrivé en tête au premier tour. Non seulement les partenaires de la gauche reconnaissent cette réalité, mais mesurent aussi qu’aujourd’hui, à Corbeil comme en France, face à une droite qui cogne dur, la nécessité de s’unir est impérative.

Cette union peut-elle vous permettre de gagner alors que, lors des derniers scrutins, à quelques voix près, vous n’avez pas réussi à l’emporter ?

Bruno Piriou. Le défi, c’est de réconcilier les Corbeil-Essonnois. Quand on perd deux fois, même s’il y a eu tricherie à droite, il faut en tirer les enseignements. Un discours moralisateur ne suffit pas. Il faut gagner une majorité. Nous devons faire la démonstration que des valeurs comme la démocratie, la décision commune, le service public, les politiques sociales, de développement économique, la considération de chaque citoyen apportent plus à chacun et au développement de la ville que le système Dassault. Ce sont des valeurs de gauche dans lesquelles des citoyens d’horizons très différents peuvent se retrouver. Depuis deux ans, nous avons déjà beaucoup travaillé pour élaborer des propositions. Mais, même si la campagne est courte, nous allons prendre le temps de l’écoute pour rassembler et construire des mesures nouvelles répondant aux besoins immédiats et permettant de construire un projet d’avenir. Lors des dernières élections, la moitié des électeurs se sont abstenus ; raison de plus pour prendre le temps du débat avec chacun.

Entretien réalisé par 
Max Staat pour l'Humanité, photos E-Mosaïque (Pierre Laurent, François Delapierre et Bruno Piriou)

20:03 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno piriou, corbeil | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/09/2010

ESSONNE : UN MOUVEMENT PLUS FORT LE 23 QUE LE 07 SEPTEMBRE

manif23.jpgLe mouvement de grève et de manifestation contre la réforme de retraite gouvernementale a été plus suivie le 23 septembre que le 07 dans l'Essonne. 

141.000 salariés de l’Essonne ont cessé le travail (+ 11.000 par rapport au 7 septembre), 10.000 d’entre eux ont participé à la manifestation uniquement pour ce concerne le cortège de la CGT, le double avec les autres syndicats.

Cette journée de grèves et de manifestations a été marquée par une progression significative de l’engagement des salariés dans le secteur privé (5 appels à la grève dans l’enseigne Carrefour Market, plusieurs appels chez ED, Auchan Direct, Intermarché…), et des jeunes  (notamment les étudiants, infirmiers, chercheurs…).

Avec 70% de Français opposés au projet gouvernemental (69% chez les 24-35 ans) la nécessité de renforcer la mobilisation des salariés sur l’ensemble des enjeux de l’emploi, des salaires et de la protection sociale, est plus que jamais d’actualité.

Quelques chiffres : Santé : 29% de grévistes hors personnel réquisitionné, SNCF : 48%, Education nationale 1er degré : 31% ; 2ème degré : 47% chez les enseignants ...

14:51 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/09/2010

Claude Monet, tel qu’en lui-même et même plus

monetseine.jpgAprès Picasso 
et les maîtres, 
le Musée d’Orsay et la Réunion des musées nationaux présentent la plus grande exposition en France du maître de l’impressionnisme.

Monet tout seul contre Picasso et les maîtres. Près de 800 000 entrées au Grand Palais pour le second, assisté d’Ingres, Vélasquez, Goya et de quelques autres premiers pinceaux. Quel sera le score de Monet, le possédé des nymphéas l’emportera-t-il sur l’aficionado des corridas ? Réponse le 24 janvier. On cherche généralement une justification à une très grosse exposition. Les anniversaires, de la mort ou de la naissance, au choix, on finit d’ailleurs par les mélanger, y suffisent généralement. Ici, rien de cela. Mais, l’impressionnisme est porteur et Monet en particulier. Il n’en reste pas moins que cela fait plus de trente ans, comme le remarque Guy Cogeval, directeur du Musée d’Orsay et commissaire général de l’expo que l’on n’avait pas vu en France de grande manifestation consacrée à Monet.

Une explosion de couleur et de matière

Voilà donc un ensemble, qu’il faut bien dire tout à fait exceptionnel, de près de deux cents tableaux, venant des collections nationales, mais aussi de nombreux musées étrangers, voire de collections privées et que l’on découvre, parfois médusés. Ainsi de trois tableaux de 1920-1922, d’une même collection privée donc, deux Saule pleureur et un Pont japonais, peints à Giverny, et ce alors que Monet retrouve la lumière après son opération de la cataracte. C’est une explosion de couleur et de matière, un tourbillon de la forme, une euphorie panthéiste. On pense à Titien peignant à la fin de sa vie avec les doigts, aux derniers Picasso dans les séries des Mousquetaires. Étonnant, cet Effet de neige à Giverny, de 1893 et venant de la Nouvelle-Orléans, mais oui. Un tableau tout de blanc, presque minimal. Il y a les tentatives, parfois inabouties, et même des échecs. Dans la lumière du midi, Monet semble accablé par le soleil qu’il ne parvient pas à saisir. À Vétheuil, en 1880, avec La débâcle, temps gris, il s’essaye pour les blocs de glace à une touche puissante, brisée, presque géométrique, quand elle est plus généralement en entrelacs et virgules. Il y a les séries : Peupliers, meules, cathédrale de Rouen, Vétheuil, Pourville et les falaises de craie de la côte picarde avec une Marée basse d’une beauté sereine quand exactement à la même période (1882) les Falaises de Dieppe suscitent le vertige…

Grand saut dans un inconnu de la peinture

monet.gifIl y a, bien sûr, Le Déjeuner sur l’herbe, son déjeuner sur l’herbe face à celui de Manet. Une œuvre de jeunesse, de 1865, mais quelle jeunesse ! Monet a peint peu de personnages, sauf comme éléments dans le paysage et moins encore de portraits. D’où l’intérêt de ce beau tableau intimiste de 1873, La capeline, portrait de Madame Monet qui apparaît derrière une porte fenêtre, ou encore le troublant portrait de la même, Camille, mais sur son lit de mort et comme prise dans un voile de glace et de neige. On sait que la pratique du portrait des gisants était fréquente à l’époque. Il n’empêche, cette rage de peindre qui le conduit à prendre ses pinceaux devant le cadavre de l’aimée renvoie à cet dilemme des plus grands: l’art, ou la vie. Les paysages semblent se répéter, mais quels chocs aussi, quand Monet, tout à ses variations, fait, si l’on ose dire, une sorte de grand saut dans un inconnu de la peinture. À Belle-Île avec l’étonnante horizontale qui barre le tableau de Rochers à Port-Coton, le Lion (1886), dans la Creuse en 1889, avec la Creuse, soleil couchant et les énormes masses sombres des berges de la rivière encaissée. Monet, bien sûr, on connaît ou on croit connaître. Mais, c’est toujours plus que cela.

 

Jusqu’au 24 janvier. Renseignements au 01 44 13 17 17 et information.gngp@rmn.fr

Catalogue édité par la Rmn et le Musée d’Orsay. 384 pages, 50 euros.

Maurice Ulrich, l'Humanité

14:42 Publié dans Evénements | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monet, exposition | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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