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12/05/2010

GRIGNY INQUIETE ET EN COLERE INTERPELLE LE PREFET

eluard.jpgClaude Vazquez, maire (PCF) de Grigny, ville jeune, populaire et la plus pauvre du département de l’Essonne, exige que l’État respecte ses engagements financiers.

« Nous n’accepterons pas que le préfet de l’Essonne augmente de nouveau, comme en août 2009, les impôts locaux de 44 % pour la taxe d’habitation et de 50 % pour le foncier bâti », prévient Claude
Vazquez, maire (PCF) de Grigny (91). La semaine dernière, il tenait, en présence de tous les groupes de son conseil municipal, une conférence de presse. Il faut dire que la situation est des plus préoccupantes. D’autant que, malgré les multiples appels du maire demandant un rendez-vous, le préfet se mure dans un silence hostile. Et pourtant. La situation financière de cette ville de plus de 26 000 habitants, l’une des plus jeunes mais aussi des plus pauvres du département, est difficile. Elle cumule aujourd’hui plus de 8 millions d’euros de déficits. Pour le maire, cette situation résulte du « non-respect par l’État de ses engagements auprès de la commune ». En effet, la création par les pouvoirs publics des grands ensembles que sont la Grande-Motte et Grigny 2 au début des années soixante-dix avait multiplié la population de Grigny par dix. La situation sociale s’est fortement dégradée au point que la ville n’a plus eu les moyens budgétaires d’y faire face. Pour répondre aux urgences sociales, notamment en matière de scolarité, de petite enfance, de dispositifs pour la recherche d’emploi… un programme dit « Grand projet de ville » fut signé avec le département, la région et l’État en 2000. Mais l’État, accusent les élus, ne respecte pas ses engagements financiers, moins 5 millions d’euros entre 2003 et 2008, contribuant ainsi à creuser les déficits. Aujourd’hui, c’est à l’unanimité que le conseil municipal a adopté un contrat d’objectifs et de moyens, affirmant son refus de toute augmentation des impôts, le maintien des activités utiles à la population mais aussi son exigence d’obtenir auprès des banques des prêts à taux zéro, des dotations d’État conformes aux engagements et une aide exceptionnelle de ce dernier.

Pour rénover ses quartiers, la ville est engagée avec l’Agence nationale de renouvellement urbain. (Anru). Cependant Claude Vazquez explique le caractère scandaleux d’une situation où, faute de trésorerie, « la ville, obligée de financer le lancement des chantiers Anru, recourt à des prêts relais auprès des banques, ce qui lui coûte 400 000 euros par an et met l’avenir de ceux-ci en danger ». De plus, le maire pointe une réalité  : « Le potentiel fiscal de Grigny est de 50 % inférieur à la moyenne départementale. » Dans ces conditions, il est urgent, comme le souligne Daniel Mourgeon, conseiller municipal UMP , « que le préfet accepte de se mettre autour d’une table », d’autant, comme l’affirme Fatima Ogbi, adjointe au maire (PS), « qu’augmenter les impôts n’est pas une solution et que l’État doit prendre ses responsabilités politiques et financières ». Possible recours administratif et plainte auprès de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, la ville de Grigny veut se faire entendre.

Max Staat, l'Humanité

20:42 Publié dans Collectvités locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grigny | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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