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30/04/2010

à trois ans déjà, Daniel découvre le commissariat

menottes.jpgLe père, sans papiers, est arrêté lors d’un contrôle à Juvisy. 
Son bambin aussi.

« J’aimerais que les policiers s’interrogent un jour sur ce qu’on leur fait faire, jusqu’où on les fait aller. » Ce désir, Nadia Nguyen, membre de RESF, l’exprime quand elle commente l’arrestation le 22 avril du petit Daniel, âgé de trois ans. Ce jour-là, le père de Daniel, un Moldave en situation irrégulière, va chercher son fils au centre de loisirs de la ville de Juvisy (Essonne), où il réside. En s’arrêtant à la gare pour acheter des cigarettes, il est contrôlé par les policiers. L’homme n’est pas en règle. Les policiers ne font alors ni une ni deux. Sans hésiter, ils embarquent d’un même élan père et gamin de trois ans, direction le commissariat. Le petit s’est alors retrouvé « seul avec son père, dans une pièce vide. Son père est assis sur une chaise, menotté à cette chaise. Les policiers laissent l’enfant une vingtaine de minutes avec son père puis viennent le chercher. Le petit ne comprend rien, séparé de son père, il est terrorisé, il pleure », explique RESF dans un communiqué.

Interrogé sur les faits, le commissaire Rondepierre raconte, lui, que le père n’était pas menotté. Il affirme qu’il « voulait que l’enfant reste avec lui. Mais nous nous y sommes opposés en disant que ce n’est pas digne qu’un enfant reste avec les gardés à vue. » Pour les séparer, « les policiers sont venus à trois et ils ont dû arracher l’enfant qui s’est accroché à son père », relate Nadia Nguyen, qui a recueilli le témoignage du père. Elle précise même qu’une amie de la famille, qui est passée au commissariat pour tenter de récupérer le gamin, l’a entendu pleurer. Mais pour le commissaire, le bambin n’aurait pas fait tant d’histoires. « Rapidement, on l’a distrait avec autre chose et quand sa mère est arrivée, il jouait avec l’agent d’accueil. » Les deux versions s’accordent ensuite pour dire que le commissariat a appelé un foyer spécialisé pour accueillir l’enfant, avant même de prévenir la mère, qui fait des ménages souvent loin de Juvisy. « Mesure de précaution », assure la police. Instrument utilisé pour faire pression sur la mère et la contraindre à venir chercher l’enfant en abandonnant derrière elle son mari, estime au contraire RESF.

Reste à savoir combien de temps aura duré le calvaire de Daniel. Deux heures en tout, entre l’arrestation, qui a eu lieu vers 17 heures, et le moment où la mère a pu reprendre son enfant vers 19 heures, calcule RESF. « Une information fausse et qui n’a pas été vérifiée », martèle de son côté le commissaire. Mais que ce soit deux heures ou une demi-heure, l’arrestation et le commissariat ne sont pas des expériences très épanouissantes pour un enfant de trois ans. De retour chez lui, Daniel n’a pas fermé l’œil de la nuit. Pendant deux jours, il a multiplié les cauchemars et les pleurs.

Camille Bauer, pour l'Humanité

20:12 Publié dans Informations locales | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : juvisy, bambin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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