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18/01/2010

MAIRES ET CONSEILLERS GENERAUX ONT LA COTE

elupcf.jpgPascal Périneau, directeur du Cevipof, a présenté le baromètre de la confiance politique. Les Français font confiance aux élus locaux et régionaux, mais pas au président actuel. Ainsi à la question poséee sur "la confiance à l'égard des personnalités politiques", 69 % disent qu'ils ont confiance dans leur maire, 62 % dans leur conseiller général, 59 % dans leur conseiller régional, 58 % dans leur député, 44 % dans leurs députés européens, 40 % au premier ministre, et bon dernier, 35 % dans leur Président de la République.

La défiance des Français à l’égard des responsables politiques a atteint un niveau record. 78 % des personnes interrogées par la Sofres, pour le baromètre de la confiance politique du Centre de recherche politique de Sciences-Po (Cevipof), Edelman et l’Institut Pierre-Mendès-France, ont le sentiment que les dirigeants politiques, « en général, ne se préoccupent que peu ou pas du tout de ce que pensent les gens ». Pascal Périneau, directeur du Cevipof, qui présentait  à la presse les résultats de cette étude, a précisé que jamais, jusqu’à aujourd’hui, cette question, posée régulièrement depuis les années soixante-dix, n’avait révélé une telle fracture.

Le divorce entre dirigeants politiques et citoyens n’est certes pas une spécificité française. Pourtant, alors qu’en moyenne les deux tiers des Européens déplorent le peu de cas que leurs dirigeants font de leurs opinions, en France, ce sont les trois quarts qui pensent ainsi. Un autre chiffre permet de mesurer l’insatisfaction des citoyens  : ils ne sont que 14 % à avoir confiance dans la gauche et 16 % dans la droite pour gouverner le pays. 67 % n’ayant confiance ni dans l’une ni dans l’autre  ! Cette attitude désabusée de l’opinion ne s’est pas aggravée avec la crise, précise Pascal Périneau. En 2006, cette question avait obtenu à peu près les mêmes réponses. La ventilation des réponses laisse toutefois apparaître une plus grande confiance dans la gauche de la part des salariés du secteur public et des citoyens issus de l’immigration, qui n’inverse pas cependant la tendance générale. Les électeurs socialistes auraient moins confiance dans leur propre vote que les sympathisants de l’UMP vis-à-vis de la droite. Les reculs des uns ne sont pas compensés par la conquête politique des autres, laissant ainsi une sorte de jachère idéologique qu’Europe Écologie entreprend d’occuper.

Alors que débute la campagne des élections régionales, il est intéressant de constater que la défiance des Français ne frappe pas uniformément toute la sphère politique. Les maires, les conseillers généraux et régionaux, mais aussi les députés conservent la confiance des citoyens.

Fillon.gifLes deux bons derniers sont le premier ministre puis le président de la République. Les Français, dont on proclame trop légèrement qu’ils seraient attachés à un certain présidentialisme, ne font pas confiance, pour les deux tiers d’entre eux, au « président de la République actuel ». En s’attaquant aux élus territoriaux dont il veut diviser le nombre par deux, Nicolas Sarkozy prend le risque d’apparaître comme mettant en danger la démocratie, sur le fonctionnement de laquelle les Français sont très partagés  : 51 % estiment qu’elle est appliquée de façon satisfaisante, 49 % étant d’un avis inverse.

Si, comme l’a souligné Pascal Périneau, « le local échappe la défiance politique », l’opinion publique oppose aux grands-messes du libéralisme mondial une indifférence proportionnelle au tapage médiatique qui les entoure. La palme revient, avec 30 % de taux de confiance, au G20, arène dans laquelle le président français aime à se poser en moralisateur du capitalisme.

En quoi la crise a-t-elle influé sur le regard que les Français portent sur la politique économique et sociale  ? Massivement (80 %), ils pensent que la situation du pays s’est dégradée, 50 % constatent une aggravation de leur situation financière, 55 % redoutent de devenir chômeur. Le fonctionnement de l’économie est jugé sévèrement. 75 % estiment que les entreprises cherchent seulement à faire des profits plutôt qu’à améliorer la qualité de leurs produits. Ils sont aussi nombreux à accuser les grandes sociétés de s’entendre entre elles pour maintenir des prix élevés. Presque plus personne aujourd’hui n’ose dresser des lauriers à la gloire du capitalisme. Si 51 % des Français souhaitent que le système soit « réformé sur quelques points », 40 % réclament qu’il soit « réformé en profondeur ». Tous ceux qui, à gauche, entendent travailler à la transformation sociale trouveront dans ce chiffre un encouragement à mener le débat au niveau requis par les fortes attentes des Français, qui réclament une plus grande implication de l’État dans l’économie et une autre répartition des richesses.

Jean-Paul Piérot, l'Humanité

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