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19/10/2009

Face à l’urgence, vive l’écologie planifiée !

amard_gabriel.jpgPar Gabriel Amard, président (PG) de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne (*).

Comment transformer au quotidien l’environnement ?

Quel plaisir, ces derniers mois, de voir que l’écologie est devenue un sujet d’intérêt pour les grands de ce monde. Je ne saurais jamais assez me féliciter de cet élan en faveur de notre patrimoine commun : l’environnement. L’élu que je suis, pleinement investi sur ces dossiers au sein de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, se dit que, enfin, les efforts que nous avons menés pour restaurer le cadre de vie des habitants de Grigny et Viry- Châtillon depuis quinze ans rejoignent une dynamique générale… Oui, je fais de l’ironie. Et ce n’est pas la récente journée consacrée au climat par l’ONU qui va me réchauffer le coeur : elle a accouché d’une souris en termes de lutte contre le réchauffement climatique. La préparation du sommet de Copenhague me laisse aussi dubitatif. Malgré les engagements du président Obama, les États-Unis ne seront pas prêts à franchir un pas significatif à cette occasion. Pendant ce temps-là, partout en France, les démarches d’Agenda 21 s’amplifient pour élaborer un diagnostic partagé et préparer des solutions pour demain… Quand le gouvernement s’acharne à culpabiliser les citoyens en leur imposant une taxe carbone, les collectivités travaillent à bâtir des solutions à partir de leur territoire et en intégrant de manière positive les citoyens dans leur mise en oeuvre. Deux visions de l’action publique en matière d’écologie s’opposent, je voulais le rappeler.

martin.jpgCela dit, je considère qu’il faut aller maintenant au-delà de la démarche Agenda 21. Le diagnostic s’impose aujourd’hui à tout le monde, de l’habitant de la Grande-Borne au premier ministre chinois. Et pour cause, chacun le vit au jour le jour : réchauffement climatique, disparition des espèces animales et végétales, hausse du niveau des mers, accroissement des émissions de gaz à effet de serre, pollution galopante… Autant de conséquences d’un système – le capitalisme – qui, comme le disait Marx, épuise autant la terre que le travailleur. Oui, l’urgence est là ! Au sein de la communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, nous avons décidé d’assumer notre part dans le combat en faveur d’un environnement restauré, qui réponde tant à des préoccupations écologiques que sociales. Nous ne devons pas nous cacher derrière l’enjeu planétaire pour ne rien faire. Et nous pensons que nous ne devons pas attendre les hypothétiques décrets d’application des deux « Grenelle de l’environnement » pour agir. Dès 1997, nous avons mis sur la table les moyens pour restaurer les lacs de Grigny et Viry-Châtillon, cent hectares de surface à dépolluer, à aménager, où nous avons recréé des zones humides… Le résultat a été marqué par l’arrivée d’espèces d’oiseaux protégées tels le martin-pêcheur et la sterne pierregarin.

med-orchidee-sauvage-visoflora-2524.jpgMais cela ne suffisait pas, à notre sens. Nous avons voulu améliorer l’efficacité de l’action publique en termes d’environnement. Dès avril 2008, nous avons décidé de passer la vitesse supérieure en instaurant la planification écologique  : prévoir les objectifs, anticiper les besoins, décider des moyens, assumer les échéances les unes après les autres. Et je veux pouvoir dire ici que cette méthode fonctionne. Cette année, nous avons cessé d’utiliser les produits phytosanitaires, pesticides, herbicides en engrais et nous avons choisi le recours à des méthodes alternatives de désherbage. Nous introduisons aussi la gestion différenciée des espaces verts. Résultat : l’orchidée sauvage fait son apparition chez nous. C’est un bel indicateur sur la capacité à enrayer, sur un territoire, la catastrophe qui s’avance. La planification écologique, c’est notre manière de contribuer au dépassement du capitalisme par une action concrète que je pourrais résumer aussi par « l’écologie par la preuve ». Preuve que c’est possible, au quotidien, de transformer l’environnement sur un territoire, de changer de pratiques sans pour autant que le service public que nous mettons en oeuvre ne perde de son efficacité au service de tous les citoyens. (*) La communauté regroupe les deux communes de Grigny et Viry-Châtillon.

Tribune publiée dans l'Humanité

10:08 Publié dans Expressions libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gabriel amard, écologie, viry | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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